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Assurance vie : 6 étapes du processus de tarification sous la loupe

Envisagez-vous d’acheter le contrat d’assurance vie qu’il vous faut pour consolider votre planification successorale ? Suivez le guide jusqu’à la livraison de votre contrat !

Le processus de tarification en assurance vie se compose de plusieurs étapes. Les tarificateurs et les actuaires au service de l’assureur possèdent les outils nécessaires pour déterminer le niveau de risque financier que vous représentez à l’émission d’un contrat d’assurance vie. De savants calculs et des chartes précises leur permettent de classer votre âge, votre état de santé, votre silhouette, vos habitudes de consommation de tabac, d’alcool et de drogues et vos antécédents familiaux dans l’une ou l’autre des classes de risque disponibles.

Ce processus de tarification ne s’effectue pas du jour au lendemain. Primordial, il permet de déterminer si vous êtes en mesure d’obtenir la protection demandée, le type d’exclusions qui s’appliqueront à votre police et, bien évidemment, le prix auquel l’assureur consent à vous assurer. Plusieurs étapes mèneront donc éventuellement à la livraison du contrat convoité.

Étape 1 : la proposition d’assurance

Une proposition d’assurance est un formulaire établi par une compagnie d’assurance pour décrire la situation actuelle et les besoins du futur assuré. Ce document juridique fait partie intégrante du contrat d'assurance. C’est l’acceptation par l’assureur de ce document qui mènera éventuellement à l’obtention du contrat convoité. D'où l'importance de le compléter avec soin !

Généralement, la proposition d'assurance comporte les sections suivantes :

  • Nom de la personne assurée, du propriétaire du contrat et du bénéficiaire désigné.
  • Questions sur l’admissibilité (âge, état de santé, conditions préexistantes, antécédents médicaux, habitudes de vie).
  • Détails de la couverture (produit sélectionné, âge à l’établissement du contrat, montant de la prestation prévue et choix des avenants et garanties complémentaires).
  • Renseignements sur la prime à payer et le mode de paiement choisi.
  • Déclarations et attestations.
  • Autorisation de divulgation de renseignements personnels.

Vous devez donc y indiquez vos informations personnelles, financières et médicales en toute transparence aux sections appropriées. Bien que la proposition d’assurance semble ardue à compléter, sachez que vous n’êtes pas seul pour y arriver. « Le courtier porte la responsabilité d’accompagner son client à cette étape-ci : il doit aider le consommateur à remplir adéquatement chaque section du formulaire », explique Gino Mastrocola, tarificateur indépendant pour la société Gestion de risques Mastrocola inc.

À défaut, des délais supplémentaires risquent de retarder le processus. « Le tarificateur doit alors contacter le courtier pour obtenir des renseignements complémentaires », dit-il. Ce document n’est généralement valide que six mois suivant sa signature.

Étape 2 : Analyser votre condition médicale

Lorsque le tarificateur reçoit votre proposition d’assurance, il en fait une première analyse des risques. « Si vous avez fait un infarctus il y a cinq ans, il est bien possible qu’une déclaration de votre cardiologue traitant soit nécessaire pour attester de votre bonne santé », dit-il. Le traitement du dossier est alors tributaire du délai de réponse du médecin. « Pour éviter un long délai, appelez votre spécialiste pour lui mentionner que l’assureur lui fera parvenir un document à compléter rapidement. Il est permis de vouloir faire bouger les choses » dit-il.

Étape 3 : l’examen médical

L’assureur doit évaluer le risque médical que vous représentez. « Pour un contrat de plus petite taille, une entrevue téléphonique suffit habituellement. Par contre, pour une protection plus importante, une infirmière se présentera à domicile dans le cadre d’un rendez-vous médical : attendez-vous à subir une prise de sang, un test d’urine et peut-être même un électrocardiogramme », énumère l’expert. Et si certains tests reviennent avec des résultats anormaux, le tarificateur exigera des analyses de laboratoire supplémentaires avant de rendre sa décision.

Étape 4 : Analyse des risques par l’assureur

Vous possédez un dossier criminel, avez fait faillite par le passé ou votre dossier de conduite n’est guère reluisant ? Le tarificateur risque de pousser l’investigation un peu plus loin. « Il nous est possible d’obtenir un rapport d’enquête », confirme Gino Mastrocola. Votre profession et vos passe-temps pourraient aussi être scrutés à la loupe. « Une jeune cliente anciennement alcoolique n’ayant jamais vécu de rechute aurait pu être approuvée au taux standard. Par contre, ce dossier fut refusé à la suite de l’analyse de son statut professionnel. Elle était barmaid… ce qui la plaçait dans une situation de vulnérabilité évidente », raconte-t-il.

Et puisque chaque assureur possède des formulaires dédiés aux situations particulières — la pratique d’un sport dangereux, par exemple —, le courtier doit s’assurer de les compléter en même temps que la proposition d’assurance pour éviter de retarder le processus.

Étape 5 : Vérification au MIB

L’assureur validera votre déclaration par le biais du Medical Information Bureau (MIB). Ce regroupement permet aux différents membres de partager les renseignements médicaux soumis par le consommateur. Le tarificateur est donc en mesure de vérifier l’information que vous aviez partagée par le passé avec d’autres assureurs. « Dévoilez votre situation en toute honnêteté », rappelle Gino Mastrocola.

Étape 6 : la décision

La classification obtenue a une incidence sur les primes que vous devrez payer pour le contrat convoité. Une catégorie avantageuse vous offre des taux plus abordables. Mieux vaut se retrouver en « préférentielle » qu’en classe standard, par exemple. Mais si vous ne souhaitez pas vous plier à l’ensemble des étapes mentionnées précédemment — dont l’examen médical —, considérez la possibilité d’obtenir la protection convoitée par le biais d’une assurance vie à émission simplifiée ou d’une assurance vie à acceptation garantie.

Deux solutions de rechange

Assurance vie à émission simplifiée : acec cet type d'Assurance il n'y pas d’examen médical à subir, mais vous devrez remplir un bref questionnaire portant sur votre état de santé actuel et passé et sur les antécédents médicaux de votre famille. Un processus plus rapide qui culmine cependant sur un taux de prime plus élevé que les contrats à tarification traditionnelle.

Assurance vie à acceptation garantie : Vous pourriez obtenir votre contrat d’assurance vie sans même avoir à répondre à des questions liées à votre santé. Mais puisque l’assureur livre le contrat tout en assumant un maximum de risques, les primes seront plus onéreuses et votre couverture pourrait être limitée selon la volonté de l’assureur.