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Assurance vie hypothécaire : 7 raisons de dire non au prêteur

Lorsqu’il se retrouve devant l’acheteur d’une maison, le prêteur tente une vente croisée: une assurance hypothécaire. En plus d’assurer le financement de la transaction, il vous recommande d’ajouter cette protection au contrat de prêt. 

Et bien que son discours semble suggérer que ce produit est « obligatoire », il vous est tout à fait possible (et recommandé !) d’y renoncer. Tournez donc le dos à cette proposition! Dénichez plutôt une solution de rechange : l’assurance vie temporaire émise par un assureur. Et voici pourquoi…

1) Des primes trop élevées

Avec l’assurance vie hypothécaire proposée par le prêteur, tous les assurés paient la même prime. C’est un peu le principe d’une assurance collective qui s’applique! Il n'y a donc pas de rabais pour être non-fumeur, en bonne santé ou être une femme, dont l’espérance de vie est reconnue pour être plus élevée.

En tenant compte de votre âge et de votre état de santé, une assurance vie hypothécaire offerte par l’institution financière est pratiquement toujours plus onéreuse que l’assurance vie offerte par un assureur. 

N’importe quel comparateur en ligne vous en fera la preuve au bout de quelques minutes. On parle parfois d’économies de plusieurs dizaines de milliers de dollars pour un contrat hypothécaire de 25 ans. 

2) Une admissibilité incertaine

L’émetteur de l'assurance hypothécaire du prêteur évalue votre admissibilité… au moment de la réclamation, soit à votre décès! Autrement dit, c’est votre succession qui obtiendra la confirmation que vous remplissiez, ou non, les conditions requises d’admissibilité au moment de l’adhésion pour avoir droit à la prestation promise. La chaîne CBC a d’ailleurs réalisé un reportage fort intéressant sur le sujet.

Le premier problème soulevé concerne le questionnaire médical à compléter au moment de l’adhésion. Complexe, celui-ci n’est pas à la portée de tous les individus, qui ignorent parfois certains volets de leur propre condition médicale. Si l’un deux coche « non » à une certaine question, alors que sa santé exigeait de répondre « oui », l’émetteur s’en rendra compte dans ses vérifications d’usage au moment de traiter la réclamation (qui sera refusée sous ce prétexte).

Et si c’est le cas, vos héritiers devront se débrouiller sans la prestation en question… À l’inverse, avec un assureur, votre couverture est… assurée! Au moment d’établir le contrat, la compagnie d’assurance validera votre admissibilité.

Vous devrez bien évidemment vous plier aux différentes exigences médicales, si leur guide de tarification l’exige. Mais une fois votre contrat approuvé, votre couverture sera honorée au moment du décès. Et ce, même si vos habitudes de vie ont changé ou si votre état de santé s’est détérioré au fil des ans!

3) Un capital assuré décroissant

La valeur de la protection vie hypothécaire de la banque diminue à mesure que vous remboursez votre hypothèque. Ce type de protection est décroissant, puisqu’il ne couvre que le solde hypothécaire. Vous débourserez toujours la même prime mais vous n’obtiendrez qu’une protection moindre au fil du temps.

Les polices d'assurance temporaire traditionnelles ont un capital fixe. Une couverture offerte par un assureur permet d’ajuster vos besoins d’assurance en fonction de ceux de votre ménage. Vous êtes seul, en couple, avez des enfants? Vous pouvez, avec un seul contrat d’assurance, couvrir tous les besoins de votre famille en cas de décès (hypothèque, autres dettes, études des enfants, etc.) en choisissant un capital fixe supérieur à votre solde hypothécaire.

4) L’impossibilité de choisir votre bénéficiaire

Dans le cas d'une assurance vie hypothécaire, le bénéficiaire de la prestation est la banque. Celle-ci rembourse alors le solde de l’hypothèque au moment du décès. En vous vendant ce type de protection à l’achat de votre maison, elle se fait donc un cadeau: l’assurance de récupérer ses deniers dans l’éventualité de votre décès!

Par contre, dans le cas d'une assurance vie personnelle, vous pouvez désigner votre bénéficiaire. Au moment du décès, celui-ci encaissera la prestation prévue au contrat. Il aura même le loisir d’utiliser l’argent à sa guise!

5) Le manque de flexibilité

L’assurance vie hypothécaire est liée à votre hypothèque. Si vous achetez une autre maison ou si vous choisissez un autre prêteur hypothécaire au moment du renouvellement, vous devrez faire votre deuil de cette assurance. 

Vous aurez donc déboursé, au fil du temps, des milliers de dollars en prime… sans pouvoir compter sur une protection au moment de magasiner une nouvelle hypothèque! Et si vous souhaitez obtenir une nouvelle assurance vie, attendez-vous à assumer des primes beaucoup plus importantes, surtout si vous avez vieilli de dix ans depuis!

À l’inverse, une police d'assurance vie temporaire traditionnelle est transférable. Elle vous protège, quel que soit le prêteur avec lequel vous décidez de renouveler. Qui dit mieux? 

6) L’absence d’une analyse des besoins (ABF)

Si vous possédez déjà une assurance vie, vous bénéficiez alors d’une certaine couverture pour votre prêt hypothécaire. Seule une analyse appropriée des besoins par un conseiller en sécurité financière permettra de le déterminer. De son côté, le prêteur hypothécaire ne procède pas à l’ABF en question. Il ne fait que couvrir par défaut le solde hypothécaire au moment de l’achat.

7) Nécessité de multiplier les contrats

Avec l'assurance vie temporaire privée, vous serez en mesure de regrouper sous un seul contrat tous vos besoins d’assurance dans l’éventualité du décès. Par contre, en choisissant l’assurance vie hypothécaire du prêteur, vous devrez détenir plusieurs polices d’assurance auprès de différents fournisseurs pour couvrir vos besoins au-delà du solde hypothécaire.

À lire sur le sujet: Notre guide complet sur l’assurance vie hypothécaire

Assurance: « Et la SCHL? », demandez-vous…

Attention! La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), Genworth MI Canada et la société Canada Guaranty proposent de l’assurance prêt. Il ne s’agit pas du même type d’assurance que celui expliqué précédemment!

Ces entreprises (la première est un organisme gouvernemental, les deux autres sont des fournisseurs privés) proposent de l’assurance prêt pour favoriser une plus grande accessibilité à la propriété aux Canadiens. Ce type de produit protège le prêteur contre un éventuel défaut de paiement de l’acheteur.

Les acheteurs peuvent donc emprunter pour l’achat d’une maison en déposant une mise de fonds inférieure à ce que les banques exigeraient autrement en payant une prime d'assurance à la SCHL (prime SCHL). Actuellement, le gouvernement oblige les prêteurs à assurer tous les prêts dont la mise de fonds est inférieure à 20 %.

Par conséquent, cette assurance ne sert pas à rembourser le solde de votre hypothèque en cas de décès…